ACCOMPAGNEMENT A LA SORTIE

Démarches administratives

Un cumul de démarches administratives à la sortie

Les femmes que nous accompagnons doivent ré-ouvrir leurs droits sociaux interrompus pendant l’incarcération (Sécurité Sociale, CMU, Assédics, RSA, etc.). Parfois aussi elles n’ont plus de papiers d’identité. Ces documents ont été perdus avant l’incarcération ou égarés par l’administration pénitentiaire. Sans papier en règle, aucune démarche administrative n’est possible (par exemple, percevoir des allocations, s’inscrire à Pôle Emploi, trouver un logement, etc.) et certaines femmes se retrouvent dans des situations parfois “kafkaïennes”. L’association peut les aider à (re)constituer leurs dossiers administratifs, à obtenir de nouveaux papiers d’identité en règle et veille à ce qu’ils soient correctement traités par les organismes. Sans ressources et sans emploi à la sortie, le RSA, l’allocation d’insertion ou l’allocation chômage constituent, pour la majorité des femmes, la seule source de revenus. Nous aidons à effectuer les démarches nécessaires à la constitution de ces dossiers (prises de rendez-vous, demandes d’attestions diverses, etc.)

Il faut au minimum un mois et demi pour que les paiements se mettent en place. La sortie est le moment le plus fragilisant : l’absence de toute ressource place donc ces femmes en grande difficulté. C’est à ce moment là que la tentation de la récidive est la plus forte. Face à la difficulté d’accéder à des revenus leur permettant d’assurer leurs besoins de base, le vol peut apparaître une solution rapide et, pour les femmes toxicomanes, la confrontation au réel ravive l’envie de se droguer.

Pour les plus démunies, nous essayons de trouver des solutions financières afin qu’elles puissent subvenir à leurs besoins pendant ce laps de temps (demandes d’aide financière auprès de partenaires, contacts avec des associations caritatives comme le Secours Populaire, les Restos du Cœur ou le Secours Catholique afin d’obtenir des colis alimentaires). Mais cela ne suffit à assurer que le strict minimum. L’association peut accorder un don ou un prêt financier pour dépanner mais ceux-ci restent exceptionnels compte tenu de sa capacité financière limitée. Pour certaines d’entre elles nous n’avons malheureusement aucune solution…

Logement

La priorité à la sortie

La femme qui sort d’incarcération a besoin, comme tout un chacun, d’un endroit où aller, où se poser et, si possible, où être bien. Après s’être retrouvée, elle peut commencer à chercher une formation, un travail.

Les proches, s’il y en a, ne répondent pas forcement au besoin de logement de la personne et les foyers représentent alors la seule solution. L’offre d’hébergement étant très inférieure à la demande, ceux-ci ne peuvent pas toujours répondre aux besoins faute de places, les conditions financières ne peuvent pas toujours être réunies, etc. Il faut parfois faire appel au SAMU social au jour le jour ou payer quelques nuitées d’hôtel afin de remédier à une situation d’urgence : ce qui est insécurisant et vient freiner les autres démarches de réinsertion.

De plus la création du service intégré d’accueil et d’orientation – SIAO- (voir volet « logement » dans le chapitre « accompagnement pendant la détention ») est venu bouleverser nos pratiques avec les foyers pour femmes. Parcours de femmes n’a malheureusement pas toujours de solution à offrir. Certaines femmes dans le besoin se trouvent ainsi contraintes de solliciter un hébergement temporaire dans la famille ou chez des amis ou retournent à une vie faite d’errances et sans domicile fixe.

Domiciliation postale

Comment bénéficier de ses droits quand on n’a pas d’adresse, d’autant qu’il faut parfois justifier des trois derniers mois de résidence connue ? En 2010, afin de pallier ce problème, Parcours de femmes a déposé auprès de la Préfecture de Lille une demande d’agrément pour pouvoir proposer une domiciliation postale au public sans adresse fixe à la sortie. Elle l’a obtenu pour trois ans.

Six femmes ont bénéficié d’une domiciliation postale en 2012.

 Santé

Accès aux droits et aux soins

L’association oriente les femmes vers les structures concernées afin de bénéficier d’une couverture de la sécurité sociale. Pour une prise en charge des problèmes d’alcool et de toxicomanie, elle peut les adresser à des structures comme Le Cèdre Bleu, Boris Vian, l’Âtre, Le Pari, etc.

 Urgence

Répondre dans l’urgence et être réactif

Le SPIP et le SMPR des établissements rencontrent des difficultés dans leur travail quotidien avec les détenues dues aux lourdeurs et contraintes administratives de l’organisation pénitentiaire. Les remises de peine spéciales ou les libertés provisoires sont difficiles à gérer car non prévisibles. La date de sortie n’est pas précisément programmable et il faut alors faire face à l’urgence. Complémentaire, l’association pallie les failles de l’institution en répondant, dans la mesure du possible, aux demandes d’accompagnement. Les horaires des salariées de l’association, plus souples et plus adaptables que celles de l’administration pénitentiaire ou du service médical, permettent la prise en charge dans l’urgence de femmes dont la sortie n’était pas prévue. Afin de ne pas laisser ces dernières isolées et livrées à elles-mêmes, l’association les accompagne depuis la sortie de détention (qui a parfois lieu en dehors de ses heures d’ouverture) jusqu’aux lieux ou structures vers lesquels elles doivent être orientées. Elle s’efforce de trouver une solution d’hébergement lorsque rien n’a été proposé pour le jour de la sortie.

Parfois une aide financière est indispensable afin de payer un billet de train, un repas, une chambre d’hôtel, des tickets de métro, etc. L’association débloque cette somme immédiatement et s’occupe de régler les frais nécessaires. Etre présent dans ces moments, qui sont les plus fragilisants pour notre public, participe de la prévention de la récidive. A ce sujet, relevons de nouveau le don accordé par l’association Fâches Thumesnil Amitié destiné, en plus de l’achat d’enveloppes timbrées, à remédier aux problèmes de subsistance de femmes se trouvant sans ressource dans les premiers jours qui suivent la libération.

Depuis 2007, nous sommes conventionnés pour un montant maximum de 1 000€ avec le SPIP du Nord et pour la prise en charge des nuitées d’hôtel, des frais de vêture et de déplacements ainsi que les frais liés à la régularisation administrative (nouvelle carte d’identité notamment) des femmes relevant de leur juridiction, à savoir sorties depuis moins de 6 mois se réinstallant dans le Nord.