ACTIVITÉ 2012 CHIFFRÉE ET CARACTERISTIQUES DU PUBLIC

Des rencontres essentiellement en détention

Parcours de femmes a rencontré toutes les femmes qui l’ont sollicitée, en s’efforçant de répondre au mieux à leurs demandes respectives.

Les seules prises en charge déléguées à d’autres associations ont concerné les demandes de femmes étrangères, en situation irrégulière et/ou celles qui ne parlent pas français car la chargée d’insertion n’a alors aucun moyen de communiquer et pas de solution à proposer. Néanmoins, nous nous sommes toujours efforcés de veiller à ce que ces dossiers soient repris par d’autres structures.

191 femmes ont été touchées par l’action en 2012 :

- 98 nouveaux dossiers (ouverts en 2012)

- 93 dossiers ouverts antérieurement (n-1, n-2, n-3, etc.).

La grande majorité des femmes qui sollicitent l’association le font pendant leur incarcération :

97% d’entre-elles étaient détenues lors du premier contact.

L’action 2012 concerne ainsi :

- 185 femmes incarcérées (sorties ou non au cours de l’année)

6 femmes libres (sorties d’incarcération avant 2012)

A la date du 31 décembre 2012, nous enregistrons un total cumulé de 1 278 personnes ayant bénéficié des services de Parcours de femmes depuis sa création.

La chargée d’insertion de l’association a effectué 585 visites en détention :

- Maison d’arrêt de Sequedin : 563 visites

- Maison d’arrêt de Valenciennes : 3 visites

- Centre de détention de Bapaume : 19 visites

Trois femmes (deux incarcérées à Bapaume et une à Joux la Ville) ont été accompagnées mais non rencontrées en détention : rencontres au siège social à l’occasion de permissions, échanges de courriers et /ou conversations téléphoniques).

Cette année encore, le bouche à oreille fonctionne excellemment : 79% des femmes qui nous ont contactés ont pris connaissance de l’association par le biais d’une autre détenue.

La reconnaissance de notre travail par les professionnels des établissements (SPIP, SMPR, surveillants) joue également son rôle (8% des orientations).

6% des femmes ont connu l’association à l’occasion de leur précédente incarcération et sollicitent de nouveau la structure.

Ceci nous autorise à penser que nos actions et interventions sont appréciées et servent notre public.

 

36% des femmes (soit 65) ont été rencontrées une fois.

46% des femmes (soit 83) ont été rencontrées entre deux et quatre fois.

12% des femmes (soit 22) ont été rencontrées entre cinq et huit fois.

6% des femmes (soit 11) ont été rencontrées entre neuf et seize fois.

A noter quune femme a été rencontrée quarante fois (soutien d’une personne en grande détresse psychologique et très fragile)

Par ailleurs, l’association a assuré la prise en charge de :

9 femmes lors de permissions de sortie

- 23 femmes au moment de leur sortie définitive ou de leur mise en liberté provisoire.

 

Caractéristiques du public

Des milieux sociaux peu diplômés et défavorisés surreprésentés

La majorité des femmes accompagnées possèdent un niveau scolaire peu élevé qui accroit les difficultés à trouver un emploi ou une formation à la sortie :

- 35% ont un niveau scolaire de niveau VI (CFG, collège ou BEPC)

- 37% ont un niveau V (CAP ou BEP)

Seules 20% des femmes ont un niveau lycée, BAC (général ou professionnel) ou  supérieur au BAC.

- 62% des femmes ne possèdent pas de diplôme.

Il est important de tenir compte du faible niveau scolaire de la majorité de notre public. L’illettrisme est monnaie courante en prison. Pour les femmes qui décident de reprendre une scolarité, il devient alors difficile de travailler ou de suivre une formation. Elles doivent faire un choix : celui de gagner un peu d’argent (quand il y a de l’offre) ou celui d’acquérir les connaissances de base pour un retour à une vie sociale et professionnelle moins compliqué. Les femmes indigentes cumulent ainsi de nombreux handicaps…

Les femmes accompagnées sont très majoritairement issues de milieux socialement défavorisés. 

- 31% étaient sans ressources fixes avant l’incarcération.

- 47% étaient bénéficiaires du RSA et 8% des Assedic.

Seules 9% des femmes travaillaient avant leur entrée en prison. Elles occupaient alors très majoritairement des emplois peu qualifiés (manutention, entretien, restauration, vente, aide à la personne).

Une majorité de femmes jeunes

- 14% du public se situent dans une tranche d’âge de 18 à 24 ans

- 53% se situent dans une tranche d’âge de 25 à 39 ans

- 30% se situent dans une tranche d’âge de 40 à 59 ans

- 3% ont 60 ans et plus

Des situations familiales complexes

Les femmes accompagnées sont seules pour moitié et vivent souvent des situations familiales compliquées et dégradées (monoparentalité, veuvage, divorce ou séparation) : de ce fait, elles reçoivent peu de visites de leurs proches durant leur détention et se trouvent majoritairement en situation d’isolement.

- 35% sont célibataires

- 50% sont mariées, en concubinage ou pacsées

- 15% sont séparées, divorcées ou veuves

Une majorité de mères

Les femmes accompagnées sont majoritairement mères de famille : 72% d’entre-elles ont au moins un enfant (369 enfants au total, mineurs et majeurs confondus).

59% de ces mères ont des enfants mineurs (268 enfants mineurs au total). Ceux-ci doivent donc être pris en charge pendant l’incarcération de leur mère :

- 39% sont placés en famille d’accueil

- 37% sont placés dans le réseau familial

- 15% sont chez leur père

- 4% sont placés en foyer ou pouponnière

Les conséquences de l’incarcération d’une mère sont particulièrement lourdes : il est difficile pour une femme détenue de continuer à assumer son rôle. Elle est éloignée physiquement de son enfant, écartée de son quotidien, de ses besoins, de sa scolarité, des problèmes de discipline. Il est donc important de la conforter dans son rôle.

A l’ouverture de chaque dossier et lors de ses rencontres, la chargée d’insertion aborde la problématique familiale. Lorsque l’incarcération n’est pas liée à l’enfant, qu’aucune interdiction de contact n’a été prononcée en jugement et que l’on nous en fait la demande, nous travaillons à maintenir le lien avec le (ou les) enfant(s). Nous aidons les mères incarcérées dans certaines de leurs démarches : nous les orientons par exemple vers l’association Relais Enfants-Parents afin que celle-ci organise, si cela est possible, la mise en place de parloirs. Des bénévoles formés et encadrés ou des professionnels de la petite enfance accompagnent alors les enfants sur le lieu de détention de leur mère.

Nous travaillons également à maintenir le lien par le biais du référent social en charge de l’enfant. Pour cela, nous pouvons prendre contact avec les instances concernées pendant l’incarcération et assurons un échange d’informations avec les assistantes sociales, les assistantes maternelles, les éducateurs, l’UTASS ou l’UTPAS concernés.

Enfin, comme nous l’avons déjà signalé, l’association propose une prise en charge des femmes pendant les permissions de sortie. Lorsque celles-ci entrent dans le cadre de visites aux enfants et que le transport s’avère problématique, Parcours de femmes peut accompagner la maman jusqu’au lieu de visite fixé au préalable par la commission de sortie de l’établissement pénitentiaire et lors du retour en détention. La séparation d’avec l’enfant est souvent un moment difficile pour la mère qui retourne en prison, aussi nous cherchons à nouer le dialogue pour lui permettre d’exprimer son ressenti, d’échanger autour de son vécu et d’envisager comment maintenir son rôle de mère “malgré  tout”.

Des problèmes de santé et d’addiction

Les crimes et délits des femmes que nous accompagnons sont très souvent liés à une surconsommation d’alcool associée, parfois, à une autre dépendance (toxicomanie, prise de médicaments, etc.). 37% des femmes accompagnées en 2012 présentent des troubles importants liés à une (ou des) addiction(s). Parmi elles :

- 39% déclarent une addiction à une (ou des) drogue(s)

- 27% déclarent une addiction à l’alcool

- 7% déclarent une addiction à l’alcool + drogue(s) 

- 3% déclarent une addiction à l’alcool + médicaments

- 1% déclarent une addiction à des médicaments

Lors de ses entretiens, notre chargée d’insertion s’attache à établir un état de santé général de la personne rencontrée tout en restant vigilante à ne pas trahir le secret médical. Ayant connaissance de ses problèmes majeurs et si cela n’est déjà fait, elle peut l’informer des démarches de soins à entamer, la conseiller et l’orienter vers les personnels soignants de l’établissement. Nous relevons chez notre public un certain nombre de problématiques santé : problèmes d’addictions diverses avec des délits liés aux consommations (alcool, drogues, psychotropes)  / souffrances psychiques  / problèmes, parfois lourds, de psychiatrie / mauvaise hygiène bucco-dentaire / mauvais usage des produits de substitution / absence ou méconnaissance des moyens de contraception (problèmes de grossesses non désirées au retour de permissions ou à la sortie)…

Une majorité de femmes de la région

- 85% des femmes qui nous sollicitent sont originaires des départements du Nord et du Pas-de-Calais.44% sont originaires du Nord (parmi elles 9% sont originaires de Lilleet 10% de sa proche agglomération) ;41% sont originaires du Pas-de-Calais.

Au centre de détention de Bapaume, nous constatons une plus grande diversité des lieux d’origine qui s’explique par le nombre restreint de centres de détention pour femmes. Effectivement, 48% des femmes suivies sur cet établissement sont originaires du Nord-Pas-de-Calais contre 91% de femmes incarcérées à la maison d’arrêt de Lille-Sequedin

S’il est aisé de déterminer l’origine géographique des femmes avant l’incarcération, il est par contre compliqué pour nous de savoir où elles se réinstallent de manière durable lorsqu’elles sortent en fin de peine. En effet, dans la mesure où il n’y a aucune obligation de suivi par Parcours de femmes, ce public est très “volatile” à la sortie de détention et la grande majorité rompt assez vite les liens avec l’association (qui, ne l’oublions pas, symbolise le passage en prison) pour reprendre le cours de sa vie. Sans nouvelle, nous n’avons aucun moyen de collecter les informations qui nous permettraient de connaître leur situation après leur sortie.

Les femmes redeviennent citoyennes de droit commun et l’association ne peut que s’en féliciter puisque c’est l’un des objectifs qu’elle vise. On n’est pas “sortant de prison” indéfiniment.

Situations pénales

56% des femmes accompagnées par l’association sont « primaires », c’est-à-dire incarcérées pour la première fois.

35% des femmes ont déjà été incarcérées au moins une fois avant cette détention. Il s’agit de public en situation de :

- récidive (femme qui commet de nouveau le même type de délit après la sortie),

- de réitération (femme qui commet un délit d’un autre type après la sortie)

- de réincarcération (femme qui a été incarcérée pour un motif et qui se retrouve de nouveau en détention suite au jugement tardif d’un ancien délit. Exemple : une femme a commis deux délits, l’un en 2006 et l’autre en 2007. Elle est jugée pour le premier en 2008 et purge une peine de six mois. Elle est accompagnée par Parcours de femmes. Elle sort et est de nouveau jugée à 4 mois, cette fois pour le second, en 2009. Elle purge alors une autre peine cependant elle n’a pas commis de nouvelle infraction à la sortie de la première).

9% sont incarcérées pour cause de révocation de sursis : elles ont donc déjà été condamnées mais n’avaient pas été incarcérées auparavant.

Situations carcérales

16% des femmes sont prévenues c’est-à-dire placées en détention provisoire sans avoir été jugées : pour ces personnes, il est extrêmement difficile de se projeter dans le temps et de concevoir un projet de réinsertion, leur date de sortie n’étant pas fixée.

 - 39% des femmes sont condamnées à des peines inférieures ou égales à un an, la moyenne étant de 6 mois.

- 22% de femmes purgent des peines comprises entre 1 et 3 ans (la moyenne étant de 20 mois)

- 39% sont condamnées à de longues peines, c’est-à-dire supérieures à 3 ans (la moyenne étant de 10 ans)

Prévisions de sorties

Indiquer la fin de peine n’est pas choses aisée. Il est en effet impossible de prévoir la sortie des personnes prévenues dans la mesure où elles ne sont pas jugées. Prévoir la date de sortie de celles qui le sont est compliqué dans la mesure où l’on ne sait pas quelles seront les remises de peine spéciales (RPS) accordées.

La majorité de notre public (47%) est sortie en 2012 et 35% seront « sortantes » en 2013.

11% des femmes que nous accompagnons ne sortiront cependant qu’après 2015. Il est important d’inciter ces femmes à se projeter dans l’avenir même si la sortie est loin car c’est un travail de longue haleine. Cela nécessite un temps de maturation entre rêve, espoir et réalité, souvent difficile à vivre.

4 Réponses à ACTIVITÉ 2012 CHIFFRÉE ET CARACTERISTIQUES DU PUBLIC

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