MISE EN OEUVRE DE L’ACTION : objectifs opérationnels

- Assurer 35 heures de présence hebdomadaires au siège social de l’association.

Celui-ci constitue un espace d’accueil, d’écoute et de dialogue ; d’information (rappel des droits et des devoirs) ; d’orientation (en fonction des besoins repérés) ; d’aide d’urgence (domiciliation de courrier, aide vestimentaire et matérielle) pour les femmes permissionnaires, sorties de prison ou pour leur famille.

- Rencontrer les femmes en détention.

Nous avons obtenu en 2001, l’autorisation de l’administration pénitentiaire de rencontrer les femmes incarcérées. Aussi, si informer et accompagner les femmes après leur sortie de prison étaient les missions de l’association à sa création, entrer en prison a permis d’élargir le champ de notre action et d’œuvrer à la réinsertion des détenues de l’intérieur, en resserrant les liens de partenariat avec les personnels du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) et du service médico-psychologique régional (SMPR).

Depuis cette date, Parcours de femmes instaure des visites systématiques aux femmes incarcérées ayant fait appel à elle. Une fois par semaine, la chargée d’insertion se rend à la maison d’arrêt de Sequedin. Elle se déplace également toutes les six semaines au centre de détention de Bapaume et, en fonction des demandes, à la maison d’arrêt de Valenciennes.

- Correspondre avec les femmes détenues entre les visites.

L’objectif est de maintenir le contact et d’informer de l’avancée des démarches entreprises.

- Prises de contact, entretiens et médiation avec les travailleurs sociaux du SPIP et du SMPR des établissements pénitentiaires.

La chargée d’insertion peut rencontrer certaines femmes à la demande de l’un d’eux et, réciproquement, solliciter leur intervention. L’objectif est d’effectuer un bilan conjoint des rencontres en détention, des démarches entreprises ou à entreprendre, des projets de permission, des projets de sortie définitive ou des conditions des aménagements de peines. Ce partenariat se base sur un échange d’informations concernant la personne suivie et constitue un travail relationnel de qualité.

- Aider à restaurer ou maintenir les liens familiaux.

Entretiens avec la famille, au siège social de l’association ou par téléphone, afin d’informer et d’assurer la médiation.

Réception des colis de linge personnel que nous transmettons aux femmes détenues qui ne bénéficient pas de parloir.

Prise en compte de la dimension parent-enfant dans l’accompagnement, les femmes suivies étant majoritairement mères de famille. L’association ne travaille pas directement avec les enfants mais, par la prise en charge et l’accompagnement de la mère, œuvre à consolider le lien familial, à le restaurer et/ou à le maintenir pendant l’incarcération et à la sortie. L’action de Parcours de femmes se répercute ainsi, de manière directe ou indirecte, sur le cercle familial car la prise en charge de la mère prépare, en amont, les conditions pour une reprise de contact avec l’enfant.

- Accueillir et accompagner lors des permissions de sortie.

L’accueil lors des permissions permet de consolider les liens déjà établis par la correspondance ou pendant les visites en détention. La permission est la prise de contact avec l’extérieur : c’est un moment fragilisant qui peut être propice au « dérapage ». C’est pourquoi l’association aide à sa mise en place et, si besoin, conduit les femmes au lieu préalablement déterminé, par le biais de sa chargée d’insertion ou de bénévoles. Ce travail se fait en partenariat avec les conseillers d’insertion et de probation des établissements. Les permissions permettent de prendre contact avec Pôle Emploi ou la Mission locale, de rendre visite à la famille, de rencontrer un organisme de formation, de s’inscrire sur liste d’attente pour intégrer un foyer, etc.

- Etre en capacité de répondre dans l’urgence et être réactif.

La loi prévoit pour chaque condamné à une peine de prison ferme, la possibilité, sous certaines conditions, de bénéficier d’une réduction de peine (remise de peine spéciale ou RPS). Les règles de calcul du crédit de réduction de peine varient en fonction de plusieurs facteurs et sont applicables aussi bien à la personne condamnée qu’au prévenu placé en détention provisoire et en attente de jugement. Les RPS ou les mises en liberté provisoire sont difficiles à gérer car non prévisibles : la date de sortie n’est donc pas précisément programmable et il faut alors faire face à l’urgence. Dans leur travail quotidien, le SPIP et le SMPR rencontrent des difficultés dues aux lourdeurs et contraintes administratives. Complémentaire, l’association est en mesure de pallier ces failles et de répondre aux demandes du public : les horaires de nos salariées, plus souples que ceux de l’administration pénitentiaire, permettent la prise en charge dans l’urgence de femmes dont la sortie n’était pas prévue. Il s’agit alors de les accompagner jusqu’aux lieux ou structures sur lesquels elles sont orientées à la sortie ou rechercher une solution d’hébergement d’urgence. Parfois, une aide financière est indispensable afin de payer un billet de train, un repas, une chambre d’hôtel, un carnet de tickets de métro, etc. L’association débloque cette somme immédiatement et s’occupe de régler les frais nécessaires. Etre présent dans ces moments qui sont les plus fragilisants pour le public, participe de la prévention de la récidive.

- Accompagner dans les démarches administratives au moment de la sortie.

Sans papiers, il est impossible de constituer les dossiers d’allocations et de couverture sociale. Le RSA, l’allocation d’insertion ou l’allocation chômage constituent pour la majorité des femmes la seule source de revenus à la sortie. Sans allocations, pas d’argent ; sans argent pas de logement ; sans logement… Ces femmes se retrouvent dans des situations parfois kafkaïennes. Nous les informons et les orientons vers les structures concernées par la (re)constitution de leurs dossiers administratifs.

- Aider les femmes indigentes au moment de la sortie : aide matérielle et/ou financière d’urgence.

Il faut au minimum un mois et demi pour que les femmes perçoivent des ressources minimum à la sortie. Ce moment est très fragilisant car l’absence de revenus les place en grande difficulté : c’est là que la tentation de la récidive est la plus forte. Pour les plus démunies qui la sollicitent, nous essayons de trouver des solutions afin qu’elles puissent subvenir à leurs besoins pendant ce laps de temps (demandes d’aide auprès de partenaires, contacts avec des associations caritatives comme le Secours Populaire, les Restos du Cœur ou le Secours Catholique afin d’obtenir des colis alimentaires). Mais cela ne suffit à assurer que le strict minimum. Nous pouvons accorder un don ou un prêt pécuniaire exceptionnel destiné à dépanner dans l’urgence (alimentation de base) mais nous restons très limités du fait de nos propres finances. Pour certaines d’entre elles, nous n’avons malheureusement aucune solution…

- Poursuivre un accompagnement après la sortie.

Proposer rencontres et entretiens d’aide à celles qui le souhaitent et qui peuvent se rendre au siège social de l’association, afin de dialoguer autour de la situation vécue et d’orienter, si besoin, vers des partenaires institutionnels ou associatifs pour les démarches liées à l’hébergement, la formation, l’emploi, les formalités administratives, le suivi médico-psychologique, etc.

- Proposer un dispositif spécifique d’accompagnement social par le logement.

Parcours de femmes se trouvait régulièrement confrontée au problème vital du relogement à la sortie. C’est pour y faire face qu’en 2002 nous avons œuvré au projet Un toit pour toutes. Nous sommes locataires de quatre appartements d’hébergement temporaire (deux à Loos et deux à Roubaix) à destination de femmes sortant en fin de peine ou en aménagement de peine, dispositif ayant fait ses preuves en matière de réinsertion.

Les deux impératifs minimaux d’un aménagement de peine étant de bénéficier d’un logement et d’une formation ou d’un emploi à la sortie, proposer d’intégrer le dispositif d’hébergement de l’association peut faciliter la mise en place une liberté conditionnelle (classique ou sous bracelet électronique).

De plus, ce projet permet à l’association de répondre au besoin de (ré)apprendre à gérer une vie quotidienne, économique et sociale. En effet, les femmes qui sortent d’une longue incarcération ont perdu la maîtrise des gestes du quotidien et des responsabilités qu’implique le retour à la liberté. Cet outil spécifique est conçu pour les aider à reprendre progressivement pied dans une existence et à retrouver une indépendance suffisante pour envisager un retour à un logement autonome et à une vie professionnelle.

- Développer et entretenir un partenariat diversifié.

Prendre contact avec des partenaires potentiels ou avérés et les sensibiliser aux difficultés des personnes que nous leur orientons.

- Organiser et/ou participer à des actions d’information, de sensibilisation et de réflexion.

Favoriser la communication et accroître la visibilité des problématiques de l’incarcération afin de  sensibiliser le grand public à ces questions.

 

5 Réponses à MISE EN OEUVRE DE L’ACTION : objectifs opérationnels

  1. angela

    je suis juriste et défenseure des droits de l’homme, et coordinatrice de l’ONG/FPRN située en RDCongo et je suis intéressée par les droits des femmes en lieux de détention car je travaille pour les droits des femmes et de l’enfant

  2. educatedleash8918.jimdo.com

    Hey there just wanted to give you a quick heads up and let you know a few of the
    images aren’t loading properly. I’m not sure why but I think its a linking issue.
    I’ve tried it in two different web browsers and both show the same results.

  3. foot pain and tingling

    I’m very happy to read this. This is the kind
    of manual that needs to be given and not the accidental misinformation that is at the other blogs.

    Appreciate your sharing this greatest doc.

  4. foot pain diabetes

    Hi my family member! I want to say that this article is amazing, nice written and
    include almost all important infos. I would like to
    peer extra posts like this.

  5. feet issues

    Hey there! This is my first comment here so I just wanted to give a
    quick shout out and say I genuinely enjoy reading through your
    articles. Can you suggest any other blogs/websites/forums that go over the same topics?
    Thank you so much!

Laisser une Réponse